Présentation du Quartier Sud
Il est géographiquement délimité par le Boulevard du Maréchal Juin au nord, la rue Paul Bert à l’est, et la RN 43 (Bd Salvador Allende et Gabriel Péri) à l’ouest.
C’est essentiellement là que se trouve la mémoire minière d’Hénin-Beaumont. En effet, pas moins de cinq puits de mines furent perçés sur ce grand secteur dès la fin du 19ème siècle : le 3 en 1868 et le 3 bis (Fosse Mulot), le 6 en 1875 et le 6 bis (Fosse du Tonkin) par la Compagnie des Mines de Dourges ; le n°1 en 1879 (Fosse La Parisienne) par la Compagnie des Mines de Drocourt. Les puits étaient très souvent doublés pour assurer une bonne aération de la mine et faciliter la remontée du charbon.
De 3280 habitants en 1856, Hénin passera à 26490 habitants au recensement de 1982. Après une baisse démographique engendrée par un déclin industriel minier irréversible dès les années 50, Hénin-Beaumont a retrouvé aujourd’hui sa population d’il y a 20 ans. Le Quartier Sud a été et se trouve toujours au centre d’une politique de diversification de l’habitat. La Cité HLM Jean Macé, née dans les années 60 avec le collège du même nom, fait actuellement l’objet d’une opération de restructuration urbaine profonde avec disparition de ses barres et reconstruction de logements individuels. Plusieurs types d’habitat coexistent mais quasiment tous les corons alignés d’inspiration anglaise et datant de la fin du 19ème, début du 20ème siècle, ont disparu pour laisser place à des espaces verts, à des maisons du secteur locatif ou à des lotissements pavillonnaires : il en est ainsi des anciens corons Mulot ou Margodillots (de margoillier = embourber) ; par contre les maisons des « cités jardins » plus récentes, dont les Cités Darcy, Promper ou Voisin, sont toujours présentes, souvent coquettes après leur complète réhabilitation.
Le mineur avait le culte du jardin potager, par nécessité mais aussi pour se détendre et affirmer en quelque sorte sa complicité avec cette terre dont les entrailles l’engloutissaient jusqu’à 12 heures par jour. Et il existe toujours des « coulonneux », fils ou petits-fils de coulonneux, ces mineurs éleveurs de pigeons de compétition, des champions entraînés pour participer à de longues et épuisantes courses, jusqu’au retour en principe infaillible au pigeonnier, au fond du jardin.
La Cité Darcy comptait plus de 500 maisons en 1922. Elle porte le nom d’un administrateur de la Compagnie des Mines de Dourges, comme les fosses portent celui d’ingénieurs (Mulot) ou de contrées lointaines faisant référence à l’époque coloniale française (Tonkin). Les ouvriers mineurs, quant à eux, donnèrent leurs noms à plusieurs des rues de la cité après avoir souvent consenti le sacrifice suprême dans la résistance à l’occupant pendant la seconde guerre mondiale. Nombre d’entre-eux, honneur de la classe ouvrière, furent en effet martyrisés et fusillés par les Allemands pendant cette période sombre de notre histoire.
Le Quartier Sud constitue toujours un maillage urbain très dense organisé, avec ses différentes cités, en îlots au pied des terrils 205, 101 (Darcy), 85, 89 (Jean Macé, Margodillots, Ste Barbe,Thibout). Agrémentés de sentiers de promenade et pour plusieurs d’entre eux, reconquis depuis longtemps par la végétation, après leur combustion - ne dit-on pas que les pépins des fruits que les mineurs emmenaient avec eux au fond de la mine pour leur repas ont pu par exemple donner des pommiers après avoir été remontés en surface avec les résidus schisteux et terreux de charbon… ? - les terrils constituent parfois des biotopes exceptionnels valant à certains d’être classés « espaces naturels sensibles » protégés. D’autres, nous l’avons vu, sont arasés et exploités pour donner leur matière aux chantiers de travaux publics routiers, avant d’être aménagés en zones de loisirs. C’est ainsi que les terrains de football des Stades Birembaut et Delmotte se trouvent à proximité immédiate de terrils aujourd’hui mieux intégrés au paysage et à la vie locale. De même le superbe Collège Jean Macé avec son profil de paquebot et sa section sport-études accueillant les possibles futurs footballeurs du Racing Club de Lens, est abrité des vents du nord par le terril 85 où seront créés à court terme des parcours de santé et autres équipements sportifs.
S’il est si important d’insister sur ces aspects, c’est que le Quartier Sud concentre de manière exemplaire nombre d’enjeux concernant en fait l’ensemble de l’ex bassin minier, à savoir changer l’image du « pays noir », valoriser les anciennes friches minières en insérant leurs différents sites dans le projet en cours de réalisation de la Trame Verte du Bassin Minier, renverser la perte d’attractivité du territoire, combattre les inégalités territoriales et sociales.
Le Quartier Sud est en pleine effervescence avec l’ouverture récente de sa belle maison de quartier destinée à aider les actions de co-animation habitants - service municipal jeunesse/citoyenneté, à établir des pratiques de gestion urbaine de proximité et renforcer la concertation sur tous les projets et tous les services attachés au quartier : permanences des élus, des Services Techniques et de la Police Municipale, réhabilitation complète du groupe scolaire Michelet inauguré en 1926, comprenant à l’époque 21 classes dont les effectifs pouvaient culminer à plus de 50 élèves, et doté de l’électricité alors qu’alentours les mineurs s’éclairaient encore à la lampe à pétrole, construction de nouveaux logements, d’un hôtel d’entreprises en zone franche urbaine, de la salle de sports Birembaut, restructuration du terril 85, amélioration continue du cadre de vie et des conditions de sécurité routière, fêtes de quartier inter-générationnelles.
Le Quartier Sud ? Fier de son passé et en marche vers son avenir !