Comme son nom l’indique, Beaumont forme une proéminence dont le point haut culmine à 57 mètres d’altitude. Le village surplombe donc légèrement la ville et son coteau versant ouest alimente un réseau hydrographique d’eaux vives assez important. En témoignent encore aujourd’hui le lac du Bord des Eaux et la présence plus que probable de petites rivières souterraines, se jetant au Moyen Age dans l’Eurin, affluent de la Deûle, et dans les fossés de protection du bourg. Ces fossés, à l’époque, étaient larges de 3 mètres et profonds de 10 !
Beaumont conserve une position géographique importante au bord de l’ancienne voie romaine Arras-Tournai et, de nos jours, à deux pas des axes du TGV Nord et de l’A1. Ce qui suppose que les politiques locales d’aménagement du territoire tendent à concilier les potentialités offertes par cette position en termes de développement économique, avec l’aspiration des habitants à préserver un mode de vie bénéficiant des avantages reconnus du bon air et de la relative tranquillité de la campagne.
Rattaché à Hénin-Liétard, devenue ainsi Hénin-Beaumont en 1971, Beaumont n’est plus le petit village érigé en poste de défense vers l’Est, avec ses deux mottes fortifiées situées aux lieux-dits « le grand fossé » et « la dent d’enfer », dont l’une, d’après les historiens, aurait porté un castrum romain. Le village compte aujourd’hui plus de 2000 habitants. Sa qualité de vie est recherchée, même si ses réserves foncières en bordure des grandes plaines d’Artois et l’ouverture récente d’un échangeur autoroutier avec des perspectives d’activité et d’emploi indispensables pour l’ensemble de la collectivité, imposent d’en intégrer les impacts environnementaux et psychologiques.
Au demeurant, Beaumont est loin d’être dénaturé ou étouffé. Sa trame verte demeure. La Route Départementale 40E, nouvellement ouverte en même temps que l’échangeur de l’A1, a permis de soulager le centre village d’une partie de son transit automobile vers le Sud du Département. De même, l’extension de la zone d’activités du Pommier, avec à la clef mille emplois attendus à court terme, pourra éventuellement permettre un contournement de Beaumont vers le Nord-Est.
On le voit, les enjeux de développement sont ici très nombreux, mais il en est un que la Municipalité ne veut jamais perdre de vue, c’est celui du renforcement quotidien des liens non seulement administratifs, mais également historiques, culturels et humains qui unissent le village au reste de l’entité communale. Situé aux confins de l’Artois rural et de l’Artois minier, Beaumont, riche de la diversité de ses racines avec des générations anciennes ou au contraire très récentes d’habitants, peut se prévaloir d’une double appartenance. Bourg agricole aux terres fertiles vers le Sud et comptant une cinquantaine de fermes en 1940, la Compagnie des Mines de Drocourt y avait également prospecté, ouvrant là ses puits n° 6 et 7. Compte tenu des difficultés de leur exploitation, ces puits furent cependant assez vite abandonnés dans les années 30.
La Coopérative Centrale du Bassin Minier, réseau de petits commerces de proximité implantés dans tout le Bassin Minier, avait là son administration centrale, sa base logistique de transport et ses ateliers de préparation des marchandises (par exemple en électro-ménager) et de conditionnement des denrées alimentaires (mise en bouteille du vin, torréfaction du café…). Dans la mémoire collective, le nom de Beaumont est toujours très attaché à la CCPM, laquelle s’était implantée sur le site d’une ancienne briqueterie et laissera place ensuite à une filature de lin. Avec les cokes de Drocourt, le charbon et le fret généré par la CCPM, la gare de Beaumont, située sur une ligne Lens-Douai-Valenciennes, connaîtra son âge d’or à partir des années 40, y compris pour le transport des voyageurs. Elle sera détruite en 1980.